Virginie Grimaldi – Tu comprendras quand tu seras plus grande

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C’est donc par ce roman que je découvre Virginie Grimaldi.

J’avoue que j’ai toujours balayé du regard le genre contemporain/romance/feel-good sur les étagères des librairies. J’ai toujours considéré que ce n’était pas pour moi…

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J’ai accepté de tenter cette « lecture » en commun, en audio-livre.

Comme vous le savez peut-être, pour 2018 j’ai décidé de sortir de ma zone de confort dans mes lectures, d’abord parce que c’est lassant et peu enrichissant de lire toujours la même chose, et ensuite parce que je suis convaincue qu’il faut découvrir tous les genres pour devenir un bon auteur… 😉

Ceci-dit, après avoir lu ce roman, je reste d’avis que ce n’est pas mon style préféré, je vous explique pourquoi ci-dessous.

Tu comprendras quand tu seras plus grande est une histoire fraîche, une lecture rapide et agréable. C’est le deuxième roman de Virginie Grimaldi, paru en 2016 (édition audio parue en 2017).

J’ai apprécié beaucoup de choses dans ce bouquin, je lirai d’autres livres de cette auteure, même si j’ai été déçue par la fin de celui-ci.

Résumé

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ?
C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.

Mon avis

On entre dans la vie de Julia après qu’elle ait fait une sorte de déprime / pétage de plomb. Elle déménage, revient dans son pays-basque natal pour se recentrer. Pas pour démarrer une nouvelle vie, mais plutôt pour fuir l’ancienne.

C’est sûr qu’au départ, c’est pas très joyeux. Le deuil, la rupture amoureuse et la découverte de la maison de retraite sont les thèmes omniprésents des premiers chapitres. Il n’y avait pas que Julia qui pensait faire demi-tour en courant …

Mais très rapidement l’humour fait son entrée, tantôt cocasse, tantôt narquois, la plume de Grimaldi m’a fait sourire et même carrément éclater de rire.

Tout au long de cette lecture, on alterne délicieusement entre questionnement existentiel et les péripéties plus ou moins burlesques des résidents des Tamaris. C’est aussi un livre qui parle des petits bonheurs de la vie et qui redonne vraiment goût à la simplicité.

On découvre les vies des petits vieux, ainsi que les vies de ceux qui travaillent à la maison de retraite. Tous gagnent à être connus, une fois dépassés les préjugés de Julia, et les nôtres.

Pour être un peu critique …

Il y a beaucoup d’imagination dans la création de ces nombreux personnages et des rebondissements, mais pour être honnête, j’ai rarement été surprise, et pas mal de choses restent convenues, et peu originales.

J’ai un peu de mal avec le côté « leçon de vie » qui ressort de certains discours. La parole des personnages sert trop souvent de prétexte à l’auteure pour balancer des grandes vérités sur la vie.

Déjà, je ne crois pas une seconde qu’à la veille de sa mort on soit tous aussi sereins et qu’on baigne tous dans la joie de vivre. C’est peut-être du pessimisme et je serais ravie d’avoir tort, mais on en reparle dans 60 ans.

Je trouve que c’est un peu le pays des Bisounours tout ça. Même si c’est réconfortant. Bon j’ai peut-être un problème avec la mort … qui m’aurait rendue peu indulgente sur certains passages.

Et puis c’est globalement ce qui me chiffonne avec ce genre littéraire : j’aime pas avoir la sensation qu’on me dise ce que je doit penser ou faire de ma vie.

Même si on me dit de faire ce que je veux.

Je trouve ça prétentieux, je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire ?

En fait, je crois que je ne partage simplement pas la vision de l’auteur sur la vie en général… et que je ne peux pas trop adhérer à ce genre d’histoire toute lisse et toute mignonne.

Finalement, le plus gros problème avec cette lecture, c’est qu’au bout d’un moment,  je me suis déconnectée de Julia, le personnage principal.

Elle est hypocondriaque, elle a peur de tout, elle est naïve, elle n’est pas du tout courageuse, elle est incapable de prendre du recul, se fait des films sur tout, et est surprise elle-même d’arriver à faire son travail de psychologue… Elle est égocentrique, très immature et parfois égoïste.

Oups je me suis un peu lâchée là. Non mais elle est drôle et elle a un pyjama rigolo aussi.

D’autre part, je trouve qu’elle manque de réalisme, notamment par rapport à son job. C’est la psychologue la plus névrosée et/ou incompétente que j’ai jamais vue... Elle n’a simplement aucune base sur la gestion psychologique du deuil… ni de grand chose d’ailleurs. Ce qui m’a donné la sensation que j’en savais plus qu’elle… et j’avais souvent envie de la frapper.

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J’ai eu l’impression qu’aux yeux de Virginie Grimaldi, être psy c’est juste s’asseoir, boire un chocolat chaud et écouter en balançant un conseil préconçu de temps en temps, tout en revenant sans cesse à ses propres problèmes…

Je m’attendais à quelque chose de plus profond.

Quand à la fin… (sans vous spoiler évidemment) , je me contenterai de dire que j’ai été complètement déçue. Avec la personne qui écoutais le livre avec moi, on s’est regardés, incrédules : « Non … ?! Tout ça pour ça ?!  »

J’ai trouvé que ça sonnait faux, que c’était mal amené. Effet Lapin sorti du chapeau garanti !… bon … C’était pas le scénario de l’année quoi.

Dommage, tout le reste était vraiment sympa. Personnellement, je décide de zapper les derniers chapitres de ma mémoire 😉

Je ne veux pas non plus vous donner une trop mauvaise impression sur ce joli bouquin ! Je tient à dire que j’ai très souvent rigolé,  que les personnages (secondaires) sont frais et qu’on aimerait les rencontrer en vrai. Que l’écriture est douce. L’intrigue est rythmée. L’atmosphère est bonne-enfant et chaleureuse. 

Pouce

Globalement, on ne s’ennuie pas, on passe un très bon moment et j’en garde un sentiment de confort et de lecture « feel-good ».

Les retours sur la jeunesse des personnages donnent à réfléchir sur notre propre expérience.

Autre bonne surprise : pas trop de niaiseries !  Les personnages féminins sont crédibles, ne sont ni des Saintes-Ni-Touches ni des sex-symbols, et j’ai beaucoup apprécié ce côté « sans complexe ».

Conclusion

Une belle histoire de vie, drôle et sombre à la fois, mais qui à mes yeux n’a pas su aller assez profondément. Ni pour m’émouvoir, ni même pour que je retienne vraiment les prénoms des personnages… J’en garde un souvenir positif de lecture sympathique.

Note : 3/5 note3

A vous les sushis : dites-moi, vous connaissez cette auteure ? Ce livre vous tente ? 

La bise sauce soja sucrée !


7 réflexions sur “Virginie Grimaldi – Tu comprendras quand tu seras plus grande

  1. Je ne suis pas forcément fan de ce genre littéraire non plus, mais je t’avoue que parfois, ça fait tout simplement du bien de lire ce type de romans, d’en ressortir avec le sourire. Par contre, je te rejoins complètement sur le côté « leçon de vie », c’est ce que j’ai ressenti en lisant Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une.

    Aimé par 1 personne

      1. Héhé c’est beau 😇 Pas de chronique dessus, non je n’avais pas encore de blog 🙂 mais comme toi, j’ai été vraiment déçue. Je n’en entendais que du bien, mais je ne lui ai rien trouvé d’exceptionnel. Je ne m’attendais pas à ce que ce livre « change ma vie » comme ce que disait la pub, mais je pensais avoir tout de même quelque chose qui me bouleverse un peu plus. Ça n’a tellement pas été le cas que je ne me souviens même plus de ma lecture ! C’est bien dommage…

        Aimé par 1 personne

  2. Je fais face au même problème de « je devrais lire d’autres genres de livres mais les autres genres ne me tentent pas vraiment ». J’avoue que ta chronique ne me donne pas forcément envie de découvrir ce roman, qui paraît peu original et un peu débordant de bons sentiments, comme tu le soulignes avec ton agacement devant les leçons de vie.
    Mais je pense que tu as tout à fait raison de donner leur chance à de nouveaux types de livres et je serai curieuse de lire tes prochaines chroniques pour voir si d’autres méritent un coup de cœur !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci, j’espère aussi que mes prochaines lectures te donneront plus envie ! Je ne voulais pas trop dépeindre ce roman sous un jour trop négatif mais j’avoue que je n’aime pas non plus me censurer sur mon propre blog :p Mais quand même c’est une histoire plaisante 🙂

      Aimé par 1 personne

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