Lectures

The Mortal Instruments t.5 : La Cité des Âmes Perdues

Coucou les bouquineurs !

Je viens de refermer l’avant-dernier tome de la saga urban-fantasy de Cassandra Clare, la suite des aventures des ShadowHunters : Jace, Clary, Simon, Isa, Alec, Magnus et …. Sébastien. Et la première chose qui me vient, en réfléchissant à ce que je vais pouvoir vous en dire ici, c’est : « Pourquoi je me suis infligé ça ? » 😀

Je persiste à lire cette saga, alors que comme je vous le disais pour le tome 4 : mes sentiments pour cette histoire et ces personnages sont ambivalents. Tout à commencé avec une panne de lecture. Une énième panne. Vous avez probablement vécu ça, et vous savez à quel point c’est une période sombre dans une vie de lecteurice. Comme on peut être partagé entre vulnérabilité et culpabilité. Et le prix qu’on serait prêt à payer pour en sortir… (Non j’en fais pas trop :D) .

Et bien le prix que j’ai du payer les ami(e)s, ce fut de lire ce 5 ème tome… mouahaha

Avertissement : cet article peut heurter la sensibilité de fans de TMI.

Il est rare que je vous présente ici des lectures qui ne m’ont pas convaincues. Mais j’estime que Cassandra Clare a suffisamment de succès, et que sa sensibilité d’autrice ne sera point perturbée par mon blog, lol. Les propos tenus ci-dessous ne sont que mon humble avis. 😉

Cet article contient des spoilers du tome 5 et des tomes précédents. PLEIN DE SPOILERS.

Vous êtes prévenus.

Malgré les niaiseries de cette histoire, j’étais bien accrochée à cet univers jusqu’ici. Mes chroniques précédentes en témoignent : tome 1 tome 2 tome 3 . Mais voilà. L’intrigue devient répétitive et décevante.

Jusque là, les aventures étaient quand même assez bien construites pour que je me laisse entraîner dans cette romance. D’ailleurs, j’insiste sur « romance » et pas tellement « fantasy ». Bref.

Faiblesses d’intrigues, incohérences, et relation douteuses…

Dans la Cité des Âmes Perdues, Cassandra Clare ressort les mêmes ingrédients que pour les tomes précédents au lieu d’innover un peu. On se croirait dans StarWars episode 7/8/9 …

Les ennemis vaincus ne sont plus vaincus et ressuscitent. Le grand méchant_ qui est le fils du méchant précédent_ poursuit le même-dessin-démoniaque-en-presque-pire. Les Instruments Mortels qu’on-peut-jamais-avoir-tellement-ils-sont-Mortels sont à nouveau accessibles. Les méchants qui demandent à être pardonnés n’ont en fait pas envie qu’on les pardonne. Ouah .. je suis sur le Q.

Et encore une fois, le groupe d’ado fonce tête baissée, enfreint mille lois, mais personne de leur tombe dessus pour leur mettre une bonne fessée. Enfin, la grande bataille est résolue en deux temps trois mouvements alors qu’on nous fait miroiter une énième fin du monde… Un petit goût de tout ça pour ça.

Autre truc pénible : les personnages s’empêchent constamment les uns les autres d’avancer parce que « c’est trop dangereux »…

Depuis le début du livre, on redoute encore une fin du monde, dans un monde où y a des combats dans tous les coins de rues et tellement de plans diaboliques que faudrait tenir un calepin à côté pour tout suivre. Mais là, OMG c’est « trop dangereux » alors discutaillons mille an avant chaque truc dangereux ! De toute façon, on prendra pas la peine de suivre le plan, parce qu’on est des ados bornés et qu’on pense avec nos hormones. ( ça au moins c’est cohérent XD) .

Alors pour le premier tome je veux bien, tout est « trop dangereux » parce que Clary n’était pas entrainée, machin tout ça. Mais y a prescription.

Et puis, je n’aime pas que l’autrice passe son temps à nous vendre tout et son contraire. Exemples :

  • Les Nephilim sont des méga guerriers au cœur de pierre hyper forts ? Or ils passent leur temps à se morfondre et à batifoler …
  • Les Frère Silencieux sont des créatures flippantes et incorruptibles ? Dans ce tome, ils se transforment en chien de garde et en pigeon-messager. Puis, ils sont quand même assez corruptible pour aider la clique de bras cassés…
  • L’Enclave est une superpuissance qui sait tout et contrôle tous les aspects de la vie des Nephilims ? Mais dans ce tome, on n’en voit pas la couleur, c’est une menace creuse qui ne fonctionne plus. D’autant qu’à chaque fois que l’Enclave doit punir quelqu’un, elle se ravise parque c’est le fils/la fille/le-cousin-éloigné de quelqu’un du conseil…. Nul.Nul.Nul.
  • Les Sœurs de Fer sont tellement introuvables, tellement austères que faut pas les vexer sous peine de mourir ? Mais on connait quelqu’un qui connait quelqu’un, on les trouve en deux paragraphes, puis quand Isabelle pète un plomb au bout de littéralement 30 secondes de négociations, les Sœurs la trouvent charmante et veulent la recruter…

HELP PLEASE

Des dialogues à pleurer…

Est-ce que c’est un choix d’écrire des dialogues plus pauvres que dans un épisode d’Amour, Gloire et Beauté ? Où est passé l’humour des autres tomes ?? Les personnages n’ont pas grand chose à se dire malgré les trucs de dingue qui se passent dans leurs journées ? C’était probablement déjà le cas dans les tomes précédents, mais disons que ça ne m’avait pas gâché ma lecture jusque là.

J’ai même croisé une phrase qui m’a faite exploser de rire : un personnage rentre de mission de renseignement et sort un truc du genre : « C’est bon, Mike à dit à Gina ce que Luke avait fait à Pimprenelle » (Amour Gloire et Beauté j’ai dit) Quand y a plus de prénoms que de faits dans une phrase, c’est mal barré…

Et puis, ce qui m’étonne et m’agace à la fois, c’est qu’on puisse passer de trucs aussi superficiels que : « Tu sais, si tu veux un autre croissant, tu n’a qu’à me le demander« … (véridique) à des trucs comme « Il a invoqué un Démon Supérieur pour tuer l’Ange Jean-Mich avec la PelleàTarteDeFeu . Il pactise avec plein de démons et de traitres. Vaudrait mieux l’arrêter »

Les dialogues sont tellement creux … combien de fois les personnages s’appellent par leur prénoms? « Magnus Bane, je t’interdit de dire ça! »  » Isabelle ? – Oui Simon, – Oh Isabelle… » Voire par leurs onze prénoms et noms de famille ?! « Jonathan Christopher Morgenstern Wayland Lightwood Herondale, revient ICI ! »

Haha qu’est-ce qu’on s’amuse 😀

Mais en fait, tout ce vide est probablement lié au fait qu’il ne se passe rien jusqu’aux 2/3 du livre…

Et c’était déjà le cas dans les 2 tomes précédents.

Cassandra Clare multiplie les intrigues amoureuses et les personnages (Maya/Jordan, Maureen, Camille et j’en passe) mais c’est surtout pour noyer le poisson … elle n’a rien à dire dans ce tome et clairement, il ne se passe RIEN jusqu’au dernier tiers du livre. Alors bien sûr, c’est une technique pour accrocher le lecteur. Mais encore une fois, à force de diluer l’action, on s’ennuie.

On se prépare. On papote. On mange des trucs. On boit des trucs. Dans ce livre, sur environ 300 pages, les personnages ont 3 catégories d’occupations :

  • ils se retrouvent pour manger, et ils parlent
  • Ils marchent et parlent
  • ils s’allongent dans des lits et ils parlent. Sans déconner.

Même en se promenant dans Paris par exemple, on se regarde dans le blanc des yeux. On monte sur un muret. On se touche la main. On se trébuche dessus. Diantre, qu’est-ce qui nous arrive ? Puis on descend du muret. Ce qu’ils font n’a AUCUN SENS ! Je ne comprend pas… Bon après c’est peut-être que je ne suis pas assez habituée aux romances ?

Les descriptions sont répétitives : globalement, tout le monde est très très pâle. Mais palpite d’un feu ardent à l’intérieur…

On voit aussi des couleurs d’iris changer toutes les secondes avec autant de qualificatifs de pierre précieuse que de couleur dans l’arc en ciel… mais pourquoi on ne voit pas une licorne qui poop des paillettes à l’horizon !?!

Aaaaarg

Après le triangle, amoureux, Mesdames et Messieurs : le carré amou-incestueux !

Ah mais on ne se refuse rien dans ce livre, je vous le dit.

Donc jusque là on avait le triangle amoureux classique entre le meilleur ami transi Simon, le héro sexy et torturé Jace (ou Celui-qui-avait-trop-de-nom-de-famille), et la débutante énervante Clary. Mais Cassandra Clare nous a concocté _ et là encore c’est une répétition de scenario_ un presque-inceste !

Bin oui faut quand même appeler les choses par leur nom : le frère démoniaque de Clary est obsédé par sa sœur, qu’il n’a jamais connu, et veut qu’ils créent une nouvelle race de ShadowHunters tous les deux… A la mode Lannister.

Que c’est romantique…

Quand Sébastien l’appelle « mon petit ange », elle ne se doute de rien. Ce qui fait que lorsqu’il lui explique que les rois et reines d’antan se mariaient entre frères et sœurs pour renforcer les lignées, elle le traite de monstre. Ok. Mais dans la mesure où Clary passe les 3/4 du livre à mater son propre frère, à lui caresser le dos, à comparer continuellement sa ressemblance avec son amant, à se sentir « troublée » dans ses bras… Difficile de savoir où on en est !

Cassandra Clare joue avec le feu et je ne sais trop quoi en conclure…

Clary passe de énervante à incohérente. J’avoue que je commençais à trouver la Clary badass plutôt sympathique. J’ai apprécié qu’elle fasse preuve d’un peu moins d’étroitesse d’esprit et d’un peu plus de maturité dans cette nouvelle quête, qu’elle devienne une vraie ShadowHuntress. Mais soudain, elle se met à rire comme une forcenée, prenant son pied en tuant des démons…

Bon. A ce stade, je me dit :  » La pauvre, elle a pété un boulon après trop de retournements de situations débiles de son histoire. » Mais voilà on aura pas plus d’explication sur ce rire machiavélique.

Oui j’aurais pu abandonner là, et m’épargner cet emportement ? Mais ça m’aurait empêché d’écrire cet article ! Alors franchement ça aurait été dommage vous trouvez pas 😀

Hauts les coeurs!

Je vais quand même dire un mot sur ce que j’ai apprécié dans cette lecture.

Des personnages qui appuient là ou ça fait mal

Ce pauvre Sébastien aka Jonathan Morgenstern, est certes perturbé et démoniaque, mais franchement on ne peut qu’être d’accord avec lui sur beaucoup de points. Et notamment sur son analyse de Clary. Il est quand même le seul à lui mettre le nez dans son caca et ça fait plaisir.

Les Frères Silencieux n’ont pas non plus leur langue dans leur poche (ce qui est drôle, parce que leur bouche est cousue haha), et idem, ça fait plaisir que quelqu’un dise la vérité à ces crétins de Nephilim. Magnus, le sorcier, est toujours acerbe et drôle. La personnalité d’Isabelle continue de se dévoiler, en nuances, et c’est intéressant.

Simon continue sur sa bonne lancée, et contrairement aux autres, ne fait pas l’exact opposé de tout ce qu’on voudrait qu’il fasse. ça fait plaisir. Franchement c’est le seul perso qui me parait naturel et non caricatural. J’ai aimé son parcours dans ce tome.

Un bon page-turner

Je l’admet volontiers, Cassandra Clare sait accrocher son lecteur. On change très souvent de point de vue, on a des cliff-hangers à chaque fin de chapitre… c’est efficace. Elle sait aussi manipuler le lecteur autant que ses personnages : elle crée tant de tension entre les amoureux, que nous non plus, on n’en peux plus. Quant à la fin …C’est balot. Faut lire la suite !

Conclusion sur TMI 4

Il se trouve que j’ai déjà le tome suivant en VO sur mes étagères, acheté avec une jolie collection.

Mais franchement, je vais laisser passer un millénaire ou deux avant de l’ouvrir parce que là, je sature. Voire même je vais m’arrêter là et lire un résumé détaillé pour savoir comment tout ce bordel se termine. Oui, j’ai encore envie de savoir comment ça se termine… poor me. 😉

J’ai quand même envie de citer une jolie réplique de Magnus :

Il est des gens… Des gens que l’univers semble avoir promis à un destin exceptionnel. Et à des souffrances exceptionnelles. Dieu sait que nous somme tous attirés par ce qui est beau et abîmé par la vie. C’est mon cas, mais on ne peut pas guérir les autres de leurs blessures. Et si on y arrive, c’est au prix de sacrifices si grands qu’ils finissent par nous détruire.

The Mortal Instruments, La Cité des Âmes Perdues

Cet univers fantastique plein de créatures mystérieuses est plein de pistes à explorer. Jace explique par exemple à Clary que de très anciennes familles de sirènes vivent dans les eaux croupies de Venise. J’aurais aimé en savoir plus. Tout comme pour les fées, leur cour, leur reine diabolique, ou encore pour la hiérarchie infernale, ou les origines de Magnus … Même les liens entre Parabatai et « Parabatai-démoniaque » auraient pu être exploités davantage …

Affaire à suivre, les bouquineurs ! Et vous, ça vous arrive d’éprouver des sentiments aussi mitigés pour un livre ou une saga ?

xoxo

Sushi

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