IO

Coucou les bouquineurs confinés !

Voici une réaction à chaud après visionnage de « Io » sur Netflix »

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Coup de Coeur pour Io

Assez poétique dans le rythme et les réflexions, Io est une ode à la sauvegarde de notre monde, à l’amour, à la Terre… Vous l’aurez compris je me suis totalement laissée embarquer par cette histoire. J’ai adoré.

Synopsis : Dans un futur proche, l’atmosphère terrestre est devenue irrespirable. Sam, une des dernières survivantes, est une jeune scientifique qui se bat pour trouver un moyen de respirer à nouveau et sauver l’humanité qui a fui vers une colonie lointaine dans l’espace. Mais sa détermination est mise à rude épreuve lorsqu’elle fait la rencontre de Micah, un autre survivant au passé douloureux. Elle va devoir décider entre prendre la dernière navette qui décolle bientôt pour cette colonie, ou alors, rester seule, à ses risques et périls, pour la survie de la planète Terre.

Cet ovni Netflix sorti en Janvier 2019 est un « drame post-apocalyptique », en huis clos, assez court (1h36) pour vous laisser tenter 😉

Voir la bande annonce sur Allociné

Avertissement : si la bande annonce et le synopsis vous plaisent suffisamment, je vous conseille de stopper votre lecture ici même, d’ouvrir un onglet sur Netflix et de le regarder là tout de suite maintenant, sans en lire davantage.

 

Et de revenir après 😉

Je trouve vraiment que ce film mérite d’être découvert sans trop en savoir, pour mieux se laisser porter.

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Mon avis sur IO

J’ai trouvé ce film extrêmement réaliste dans le sujet, et plutôt onirique dans sa mise en scène.

L’humanité se retrouve divisée en deux camps : ceux qui partent pour IO, la colonie sur la lune de Jupiter, et ceux qui restent…

Ceux qui sont partis pour Io sont indirectement décrits comme des lâches ayant perdus espoir mais je suis d’avis qu’il faut du courage pour les deux groupes car aucun chemin ne me parait facile. Le film raconte le point de vue de ceux qui restent . Et c’est merveilleusement fait.

Loin de fonder une secte de la fin du monde et de célébrer leurs derniers instants dans le péché (quoi? j’ai jamais dit que c’était mon plan perso ^^ ) , les derniers survivants travaillent dur à une tâche impossible : Sam est la fille d’un scientifique ayant inspiré des millions de gens, qui poursuit la quête d’une solution pour vivre sur Terre malgré un « changement inattendu dans la composition de l’atmosphère ».

Sam, comme le Dr Robert Neville dans Je Suis Une Légènde, est probablement la dernière femme sur Terre, et elle tente activement de la sauver. Elle mène des expérience avec ses plantes et ses abeilles, elle collecte des trucs lors de ses sorties en zone contaminée, elle a des tatouages chelous de ses équations scientifiques préférées… La fille est quand même seule depuis trop longtemps… 😉

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Elle voit la vie là où les autres voient des fantômes. Elle voit les miracles de la nature là où les autres voient une toxicité hostile. Elle veut connaître l’amour, voir l’océan pour la première fois, voir la dernière exposition artistique du MuseumOfArt… Presque une ado normale.

Elle envoie des mails avec quelqu’un sur Io, mais après une tempête qui détruit son campement, on sent qu’elle perd espoir … C’est alors qu’un voyageur débarque en montgolfière… Ouais !

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Micah est un homme déchu, et pas seulement parce qu’il descend en montgolfière ^uhu^ Mystérieux, sombre, il est en quête de vengeance et trouve finalement une chance de rédemption.

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Comment Io s’inscrit dans la lignée de Interstellar & Ad Astra

Pour moi, ces films sur l‘Exode (l’idée que l’humanité devra un jour quitter la Terre pour survivre) se font échos et se complètent joliment.

Les décors et l’esthétique de IO m’ont rappelé la Terre dans Interstellar (2014, Christopher Nolan) …

Note : Que n’ai-je un amour infini pour ce film et sa bande originale     ❤

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Interstellar
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Io

D’autre part, on retrouve l’idée que la « connexion entre les personnes » est un élément clé de notre survie.

L’humanité s’élèvera par l’amour et la beauté, ou sombrera dans la folie et le chaos.

Dans Interstellar c’est l’amour entre un père et sa fille (et aussi entre le père et une astronaute couillue… qui elle même aime un autre astronaute couillu … mais mort)

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Dans Io c’est l’amour entre une fille et son père … (et l’amour entre cette fille et son copain sur IO … et entre cette fille et un voyageur de passage…) lol

Bin quoi ?! Girl Power ! C’est pas parce que c’est la fin du monde qu’elle va rester là à déprimer toute seule hein… Elle est pas confinée elle…

BREF.

Dans ces deux films, il y a aussi la même critique de ceux qui restent vis à vis de ceux qui partent : ce sentiment d’abandon

 

Tinté de mélancolie et d’acceptation, Io m’a fait aussi fait penser à Ad Astra.

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Alors … sans commune mesure de réalisation puisque qu’on peut dire que l’un a 100 fois le budget de l’autre….

Mais dans l’idée selon laquelle l’humanité est en quête de ce qui est juste sous son nez.

Dans Ad Astra, le fils poursuit la mission d’un père (décidément) parti à l’autre bout du système solaire à la recherche d’extra-terrestres sympa qui offriraient une solution miracle à une humanité toujours aussi pourrie…

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(ci dessous : spoilers pour Ad Astra )

… Mais la morale finale est toute autre :

[le spoiler est là attention] au pessimisme du père qui, incapable d’accepter notre solitude dans l’univers, sombre dans la folie, s’oppose la force intérieure du fils.  Grâce à son périple (y compris intérieur), il accepte et il transcende la conclusion de son Tomy Lee Jones de père : nous sommes seul, certes. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre une intervention salvatrice « ex machina »,  nous ne pouvons compter que sur nous-même, remontons nos manches et mettons nous au boulot en sifflotant.

IO : de la bonne science-fiction qui pousse à la réflexion

Dans IO, les deux camps, les deux théories (rester ou partir) font la course.

*L’humanité trouvera-t-elle son avenir dans les étoiles, dans un autre monde ?

Peut-être. Probablement. Qu’il s’appelle Io (Lune de Jupiter) ou Proxima B (exoplanète de la galaxie Alpha du Centaure), on voit dans ce film que la quête n’a pas de fin. Et peut-être même, comme dans Interstellar, qu’il faudra en passer par là pour nous sauver nous-mêmes… ?

*La terre est elle vouée à mourir ?

Non. Elle continuera de vivre sans nous. Comme dit Sam dans IO « Les scientifiques avaient prédits ce qui se passerait. Ils ont parlé d’un changement inattendu de la composition atmosphérique. Pour moi, c’était simplement notre planète qui tentait désespérément de survivre en nous expulsant ».

*Sommes nous prêts à changer pour survivre en harmonie avec notre « berceau » ?

Je crois que c’est là la vraie question… La réponse est un Oui très radical dans IO. Dans un premier temps la plupart des gens sont morts asphyxiés très rapidement.

[spoiler pour IO dans la prochaine phrase]

Ensuite, grâce à ses expériences, Sam change carrément son propre métabolisme pour survivre (Oui bon, il faut ouvrir les yeux de la foi à ce moment là, mais d’un autre côté, on se dit, avec un peu plus de temps, pourquoi pas… ?)

*

Le film parle de la fascination pour les autres mondes, l’astronautique, l’envie d’exploration… sujet qui me passionne.

Il parle d’écologie, de sauver la Terre, de ne réparer nos erreurs, de ne pas sombrer dans la noirceur, mais au contraire de continuer à nous élever le plus haut possible car l’espèce humaine est capable de belles choses.

Les Arts, la mythologie, la science et la philosophie sont vraiment mises sur un piedestal. C’est ce que l’humanité a de meilleur, qui sert de catalyseur à l’expérience de Sam…

*

Remise en question du titre et focus sur le sous-titre ?

Io n’est qu’un prétexte à l’histoire. Io est le destinataire du message.

La colonie humaine sur Io est le public à qui s’adresse Sam.

Io est un but, un destinataire, un amant distant.

La clé c’est plutôt le sous titre : Last On Earth.

 

Faux débat sur la fin de IO (*spoilers dans ce §*)

A mon grand désespoir de comprendre un jour les autres habitants de la Terre, susnommés mes con-frères humains : j’ai lu ça et là diverses « interprétations de la fin ».

Comme s’il y avait débat sur la fin !

Bien sûr chacun pense ce qu’il veut et je suis sincèrement une activiste de la bienveillance en ligne.

Je crois juste que, là quand même, faut savoir regarder et s’arrêter là. (Pourtant je suis la première à chercher des interprétations loufoques hein)

C’est peut-être grâce à mes connaissances scientifiques que j’ai réussi à relier les points, quand certains se sont perdus dans le mystique. Mais il y a plusieurs raisons pour lesquelles cette fin n’est pas une « hallucination » ni une vision après la mort de Sam…

  • 1er indice : Quand Sam récolte de l’eau où des larves de moustiques ont éclos, elle explique que des bactéries ont réussi à métaboliser l’ammoniac au lieu de l’oxygène, rendant ainsi possible la vie dans cette petite flaque d’eau croupie (cette flaque qui d’ailleurs m’a fait penser aux petits écosystèmes aquatiques de la Biologiste dans le livre Annihilation )

Bref. Faites deux trois recherches sur google et vous verrez que plein d’organismes sont en effet capables de consommer autre chose que de l’oxygène pour vivre, ici sur Terre. Oui oui…

  • 2eme indice : la reine abeille qui naît après la tempête, a subi cette fameuse toxicité de l’air pendant qu’elle était cocon (ou larve) et elle éclos quand même. Après plusieurs générations élevées artificiellement  justement dans ce but, c’est tout simplement l’aboutissement inattendu de l’expérience.

Sam explique que son père et elle travaillaient à créer une nouvelle espèce d’abeille capable de vivre dans cette nouvelle atmosphère.

D’ailleurs cette nouvelle Reine Vierge est certainement un symbole représentant Sam elle-même dans l’histoire.

  • 3eme indice : « les arbres ont changé de couleur » dit Sam au début. On voit beaucoup de feuilles rouges au lieu d’être vertes. Or le vert végétal est dû à un certain pigment nommé Chlorophylle…

Or c’est précisément cette chlorophylle qui utilise l’énergie lumineuse pour fabriquer de l’Oxygène à partir du CO2 et de l’eau. C’est ce qu’on appelle la photosynthèse…

Si ce pigment n’existe plus dans le film, il est quand même clair que les plantes ne fonctionnent plus sur le modèle photosynthétique connu. Elles ont mutées elles aussi. Ce qui est extrêmement plausible (pas forcément aussi rapidement mais bref).

Bref, encore un organisme qui mute, évolue, pour s’adapter aux nouvelles conditions atmosphériques.

(comment transformer un article de blog en cours de bio : c’est ça le confinement ! toujours plus d’école à la maison les gars !)

  • 4eme indice : Lorsque Sam propose à Micah de passer à l’étape supérieure… (avec beaucoup de tendresse ce qui est super beau) le seul argument qu’elle oppose à son refus c’est « il le faut« 

Dans cette réplique, on peut difficilement passer à côté de l’impératif naturel de procréer, de faire évoluer ou, à défaut, perdurer l’espèce humaine. Parce que sinon, dans le cadre psychologie des personnages à ce moment là, cela n’a pas vraiment de sens…

  • 5eme indice bonus : Le tableau « Leda et le cygne » dans le MuseumOfArt

Toute l’explication du tableau est justement que Leda a conçu Hélène de Troie, la plus belle femme sur Terre, avec Zeus. C’est même Micah qui raconte l’histoire à Sam.

Eh bien Io nous propose sa propre version du tableau : Sam conçoit l’avenir de l’humanité avec l’explorateur qui lui sauve la vie, et qui repart aussitôt pour transmettre le message dans la colonie … d’où la dernière scène avec le bambin et la plage.

Les références dans IO

  • Y a t il une référence à ce cher  fou d’Elon Musk ?

Le petit ami de Sam, « Elon » est parti vers IO, et lorsqu’il se voit proposé la mission d’aller encore plus loin, il « ne peut refuser, car c’est son destin »… Et dans l’intrigue, c’est le personnage qui incarne le désir insatiable d’exploration spatiale.  Je n’ai donc pas pu m’empêcher de faire le rapprochement…

  • Dites moi que je rêve mais il y a aussi une référence à la première femme Lucy à travers l’animal de laboratoire qui est le premier à trouver comment respirer sans oxygène… (bon ok, c’est une truie, mais n’empêche ^^ )

Platon tape l’incruste aussi (mais il est cité donc ce n’est pas un mystère) avec sa version de l’amour et du désir de l’Homme : à l’origine l’homme avait 2 têtes, 4 bras, 4 jambes et il était Un, et il était heureux. Mais l’homme a offensé les dieux, alors les Dieux l’ont coupé en deux. C’est pour ça qu’aujourd’hui chaque être humain cherche une connexion avec sa deuxième moitié, et est malheureux sans elle…

J’ai adoré cette référence très pertinente dans l’histoire.

On arrête de fumer les plaids et on conclut cet article…. ? 

CONCLUSION

Si vous avez lu jusqu’ici d’abord : Félicitations. Prenez donc un chocolat ^^

Ce film m’a scotchée pendant 1h30 de confinement 🙂 Vous avez vu, il m’a bien fait cogiter !

Io parle d’une intense soif de vivre, d’un rêve de pouvoir respirer sans masque et de voir l’océan … De vivre en harmonie avec un nouvel ordre naturel.

Pas de conflits, il n’y a plus assez d’humains pour ça. Et ça nous change un peu des autres histoires post-apo.

Ce film montre aussi comment la frontière entre l’espoir et la folie est mince. Que les sacrifices et les miracles existent.  Que la nature trouve toujours un moyen. Que la vie trouvera toujours un moyen.

Il pleut des cordes, j’ai voyagé dans ce possible futur et j’ai adoré. La larme à l’œil pour les dernières scènes. snif.

Histoire touchante.

Sombre.

Belle.

Inspirante.

Citations … Méditation

« La terre est le berceau de l’humanité. Mais on ne passe pas sa vie entière dans son berceau »

Constantin Tsiolkovski, scientifique russe père de l’astronautique moderne

We shall not cease from exploration.

And the end of all our exploring

Will be to arrive where we started

And know the place for the first time. 

Nous ne cesserons pas d’explorer –
L’aboutissement de toutes nos quêtes
Sera d’atteindre l’endroit d’où nous étions partis –
Et pour la première fois de le reconnaître

T S Eliot

Non le confinement ne me fait pas sombrer dans la folie, j’ai simplement tout le temps nécessaire pour écrire un article de 2394 mots !!

earthna


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